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"Primary threat to the abyss is fishing" says president of the Institut Océanographique in Paris

13 October 2011

"Nous connaissons plus la Lune et Mars que le fond de la mer", affirme Michel Petit, président de l'institut océanographique Fondation Albert Ier. Ce n'est que depuis les années 70 que les scientifiques ont pris conscience de la richesse de la faune et la flore des abysses. Aujourd'hui encore, seuls 5% des grands fonds ont été explorés.

Conférence internationale
Pourtant, ces zones, qui constituent une "nouvelle frontière" ne sont pas à l'abri des activités humaines, aux conséquences parfois dramatiques. L'Institut organise ce jeudi une conférence internationale pour gérer durablement les grands fonds marins.

Le chalutage ratisse les fonds
La première menace pour les abysses est d'abord la pêche. "Le chalutage profond, avec de véritables navires-usines, ratisse et arrache tout le fond de la mer, dénonce Michel Petit. On surexploite des espèces qui vivent longtemps et se reproduisent difficilement."

L'exemple du golfe du Mexique
Les richesses contenues dans le sous-sol (pétrole, gaz) aiguisent aussi les appétits des industriels. L'explosion de la plateforme Deepwater Horizon, dans le golfe du Mexique, a montré les risques techniques d'opérer en grande profondeur et la vulnérabilité des écosystèmes. "On sait aujourd'hui forer à 3 000 mètres, mais pas encore exploiter", a expliqué en ouverture de la conférence Thierry Pilenko, PDG de Technip, spécialiste des services pétroliers et gaziers.

La question prend une tournure d'actualité particulière alors que de grandes réserves pétrolières ont été découvertes au large de la Guyane.

Des minerais sous la mer
Autres ressources étudiées, les nodules polymétalliques qui se trouvent au fond des océans pourraient constituer un nouveau gisement après l'épuisement des mines terrestres. "Pour l'instant, on en est au stade de l'étude, ce n'est pas économiquement rentable, mais les technologies utilisées perturberaient le milieu", s'inquiète Michel Petit.

Des règles difficiles à imposer
Les zones des abysses, en haute mer, ne sont pas soumises à la réglementation des Etats. Les Nations Unies disposent de convention, comme celle de Montego Bay sur le droit de la mer, mais il est difficile de les faire appliquer. Ces nouvelles frontières restent donc pour l'instant un vrai Far West.

 

source: http://www.metrofrance.com/info/les-abysses-nouvelle-frontiere-a-preserver/mkjm!5x9G7XP7az24/

Author: Anne-Ael Durand (anneael.durand@publications-metro.fr)